vendredi, 16 mars 2007
Le chant d'ivresse
Il est temps d'annoncer la sortie de mon futur opus : le chant d'ivresse.
Le chant d'ivresse - Playlist
01 - Ouverture - Ô homme prends garde (chanté par Maya de Luna)
02 - Intermizzo - Que dit minuit profond
03 - Hélas hélas le monde est profond![]()
04 - Et plus profond que ne le pensait le jour
05 - Intermizzo - Profonde est sa douleur (narré par Raphaël Badawi)
06 - La joie est plus profonde que la peine
07 - La douleur dit : passe et finis (chanté par Maya de Luna)
08 - Intermizzo - Car toute joie veut l'éternité
09 - Finale - Veut la plus profonde éternité
10 - Ophelia Theme (chanté par Maya de Luna)
11 - Ophelia Theme 2 (chanté par Maya de Luna)
12 - Postlude - Eh bien ! Que cela soit encore !
Sortie prévue pour la premier avril sur Jamendo.
Pas de commentaires sur le fait que la symphonie n°4 a été composée en dix jours alors que ce mini-ballet de vingt-cinq minutes a nécessité six semaines de légers efforts sporadiques - mon oisiveté me perdra - du trois février au quinze mars.
Les pièces sont laconiques, tout comme l'écriture de Nietzsche, mais très denses, le tout s'inscrivant dans un processus d'affirmation que je vais détailler plus loin. Dans tous les cas, la concision des pistes est dans la continuité des précédents opus. L'ensemble est également fort redondant par souci de cohésion - cependant, le côté digressif est plus présent que jamais.
Douze pistes car le Chant d'ivresse du Zarathoustra fait douze paragraphes. Les noms des pistes sont tirés du condensé des onze premiers paragraphes qu'est le douzième paragraphe du discours :
Avez-vous maintenant appris mon chant ? Avez-vous deviné ce qu'il veut dire ? Eh bien ! Allons ! Hommes supérieurs, chantez mon chant, chantez à la ronde !
Chantez maintenant vous-mêmes le chant, dont le nom est "encore une fois", dont le sens est "dans toute éternité" ! — chantez, ô hommes supérieurs, chantez à la ronde le chant de Zarathoustra !
O homme ! Prends garde !
Que dit minuit profond ?
J'ai dormi, j'ai dormi, —
D'un profond sommeil je me suis éveillé : —
Le monde est profond,
et plus profond que ne pensait le jour
Profonde est sa douleur, —
La joie plus profonde que la peine.
La douleur dit : passe et finis !
Mais toute joie veut l'éternité,
— veut la profonde éternité !
Les deux Ophelia Theme (reprenant respectivement les thèmes de l'ouverture et du second mouvement de la quatrième symphonie dans des formes épurées pour le chant) font donc ici office non pas de succédanés ou d'obturations, mais de réels pivots sans lesquels le reste n'a aucun intérêt. Comme je l'ai dit plus haut, ce ballet est avant tout un processus d'affirmation - n'en déplaise à Sri Aurobindo - tourné vers le jivatman et non vers le paramatman - n'en déplaise à Ramakrisha.
L'Éternel Retour nietzschéen, qui consiste à dire "que cela soit encore" afin d'obtenir la plus pure forme d'affirmation de l'instant, voit sa plus belle expression dans ce Chant d'ivresse. Le fait est ici très simple : transcender l'instant par la joie, la joie du "oui sacré" de l'enfant. Une acceptation sans résignation, avec résilience, impavide, le menton bien levé - exactement ce que Krishna souffle au creux de l'oreille d'Arjuna dans la Bhagavad Gîtâ. En bref, c'est seulement après les sombres instants d'Ophelia que la sentence libératrice "que cela soit encore" est prononcée : l'instant est enfin affirmé, transmuté - ce terme spagyrique m'émerveillera toujours par sa perfection d'expression du dionysisme - en - ivresse.
Dans une optique de donner suite à mes lantiponnaisons, de les éterniser sous une forme cauteleuse particulièrement insidieuse, - mais ne vous inquiétez pas, je ne prorogerai pas le chant d'ivresse, - je vous laisse un artefact à effet fortement dilatoire : une improvisation autour des grands thèmes de ce futur album.
23:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
youhouuuuu exellent bada =)
Écrit par : clémence | dimanche, 18 mars 2007
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