dimanche, 20 mai 2007

Bonus - La vision hétaïrique du monde

AVERTISSEMENT : le son, en plus d'être en mono, est extrêmement crade (et ce pourtant après un nettoyage très radical de la bande).

Ce brouillon que je pourrais qualifier de "surprise" reprend et achève le scénario et les thèmes de la quatrième symphonie sous une forme pianistique semi-improvisée (les structures et thèmes principaux avaient été préparés à l'avance, tout le reste est intégralement improvisé).

Le (médiocre) livret (bâclé) exposant le scénario :

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L'album :

P.S. : Je ne suis pas sûr de reprendre la composition, n'éprouvant à ce jour pas la moindre volition de réinstallation de Windows. Cependant, si d'aventure il m'arrivait de reprendre la création artistique, cela ne se ferait plus dans un registre baroque orchestral/pianistique, mais dans un registre totalement différent, à savoir de la musique concrète et acousmatique très influencée par les musiques pour bande de Gyorgo Ligeti de 1957 et 1958.

Wait & See.

Votre serviteur,

Raphaël.

Jamendo : Free music

Commentaires

>à savoir de la musique concrète et acousmatique très influencée par les musiques pour bande de Gyorgo Ligeti de 1957 et 1958.

Hé bien en voilà une bonne nouvelle, tu te rapproches pas à pas de ton historicité, même si l'histoire te tient encore aux chevilles; bientôt apte à superposer le temps de production au temps du désir?
Attention tout de même au sens : l'acousmatique ou la musique concrète) ne relèvent pas d'une question de registre (maudites typologies, quand vous nous tenez, hein!) mais de conditions d'apparition sociale (et phénoménologiques) du son pour l'une et de mode de production sonore pour l'autre. Le "genre", Raphaël, c'est bon pour fixer les insectes sur une plaque entomologique, pas pour participer à la vie même.
Bref, je te taquine, mais je suis curieux d'entendre ce que tu donnerais dans un vrai champ de travail musical.

Amicalement,

L.L.d.M.

Écrit par : Lldm | lundi, 18 juin 2007

J'ai déjà esquissé quelques menus essais hélas encore très impersonnels et surtout outranciers par leur absence de structure. Sans être performatif, j'accomplis le mouvement kierkegaardien de passage du probable au réel.

Je suis d'accord avec vous sur ce point que la taxinomie des genres est un mouvement propice aux carcans. Cependant, les définitions que je pose sont tout à fait flexibles par les possibilités herméneutiques qu'elles offrent, et elles permettent de donner une idée approximatives de ce sur quoi je travaille. Je nomme musique concrète ce qui s'approche des essais de Schaeffer en 48, c'est-à-dire un art d'objets sonores reposant avant tout sur les possibilités offertes par le bande magnétique, et ce sur une base acoustique. Je nomme musique acousmatique un art d'apparitions brisant toute chaîne de dépendance causale. Je pense donc pouvoir décemment accoler ces deux termes.

À vrai dire, j'aimerais bien faire quelque chose approchant de ce qu'a fait Pierre Henry en 2005, à savoir des cérémonies concrètes. J'enregistre beaucoup de sons de moungogo et de n'gombi, me documente sur les rites bwiti, et m'interroge sur les perspectives de transvaluation du rite offertes par l'outil informatique. C'est dans ces moments là que je me demande ce que donnerait la conjuguaison d'un acousmacaque à un n'gombi, des sonorités très proches, mais des matrices foncièrement différentes. J'aimerais bien faire un travail de narration sur les Chansons du Prince Hors-la-loi dans le Gai Savoir aussi. Beaucoup d'autres idées aussi, mais je vais prendre le temps de les séparer et les organiser afin de produire quelque chose de clair - la dyspepsie est plus que jamais un fléau.

Enfin, je traverse une phase d'obstétrique mentale, cette maïeutique d'interrogations, et je ne risque pas de sortir quelque chose avant d'avoir pondu un matériel intéressant. Et l'intérêt de sortir de la musique concrète sous licence libre repose dans l'essence même de la musique concrète, recréative par excellence. Ce n'est qu'en nous copiant les uns les autres qu'on finit par être si différents ; il ne faut pas voir là une éloge du grégarisme, mais une notion de déférence et de chocs d'appareils à la fois.

Bien à vous,

Raphaël.

Apostille : Davantage que Specola, j'ai beaucoup apprécié le Coeur vert des oiseaux (sa présentation sur Jamendo en opposition radicale à tout racolage m'a beaucoup amusé aussi). J'aime bien quand on accède au musical par un travail de sens et des sens ; toute la lutherie utilisée sur cette oeuvre est intéressante.

Écrit par : Raphaël | lundi, 18 juin 2007

commence si tu veux par travailler sur des micropièces d'une minute (un objet = une pièce = une structure = un objet. Dans l'objectif, pourquoi pas : les microtonies) et montre moi ça dans quelques mois ; donne-toi un calendrier précis pour réaliser un ensemble d'études acousmatiques en écartant tout système de référence historique pour te concentrer sur l'aspect phénoménologique du son et de son organisation (peu importe pour l'instant les limites d'un tel champ conceptuel, les typologies c'est fait pour dégager tôt ou tard. Si tu peux, dégote-toi une édition de «Musique acousamtique» de F. Bayle). Voyons tout ça à ce moment-là sur ma boîte personnelle, mieux adaptée à ce type d'échanges que ce blog.
Travaille bien, dis-toi que la cause n'est pas l'origine et qu'il vaut mieux ne pas parler d'acousmacaques en dehors de nos conversations sous peines de perdre toute crédibilité!

Amicalement,

L.L.d.M.

Écrit par : Lldm | mardi, 19 juin 2007

Oui, nous continuerons cette conversation par mail.

J'ai déjà lu le traité de François Bayle (d'ailleurs, si tu as un exemplaire de la Divine Comédie qu'il a créée avec Parmegiani, je suis preneur). En effet, l'acousmatique, si je me rappelle bien, est à rapprocher de la phénoménologie husserlienne, c'est-à-dire d'un mode d'apparition également temporel. L'une des premières expériences d'acousmatique était celle du sillon fermé : l'objet répété est à la fin écouté pour ce qu'il est en soi et non pour ce qui est à son origine. L'apparition, ou plutôt l'irruption, aboli la dépendance ; c'est presque une théophanie dans ce sens d'émergence fantastique.

C'est une bonne idée de procéder à des études points par points, l'idée d'une dissection organes par organes, que ce soit des organes maîtres ou esclaves, peut sembler répugnante, mais pour se réclamer d'un corps, pour savoir le façonner et l'étendre, il est indispensable de le bien connaître.

Bien à vous,

Raphaël.

(mon adresse mail actuelle est raphael.badawi_AT_gmail.com)

Écrit par : Raphaël | mardi, 19 juin 2007

nous attendrons et nous verrons.
pour sûr !

Écrit par : bituur esztreym | samedi, 14 juillet 2007

Vous êtes toujours aussi séduisant, par vos mots, votre prestance... J'aime les êtres sibyllins, et vous en faites indéniablement partie!

Avec toute la considération et la Poésie du monde,
Je vous envoie mes sombres baisers;

Vôtre Elfe.

Écrit par : Ecchymoze | samedi, 14 juillet 2007

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