lundi, 16 juillet 2007
À écouter
Les traques sonores produites en partie par L.L. de Mars, ce ne sont pas des horspiels de Luc Ferrari certes, mais ça s'en approche, mangez en donc, goûtez-moi cette panacée rare ; exquise n'est-ce pas ?
Les traques sonores de L.L. de Mars
Je vous invite également à venir écouter Bernard Parmegiani et Francis Dhomont mardi prochain à Montpelliers, et Pierre Henry à Paris, sur le parvis de la Défense, le 4 août.
On m'a fait récemment la remarque que la musique concrète n'était pas "humaine". J'invite courtoisement ceux à penser le dodécaphonisme comme un vecteur idéal des pulsions humaines à venir écouter immédiatement Thema (1958) et Visage (1962) de Luciano Berio. Même les mathématiques, une fois passées à la bande magnétique, savent se perdre en bradycardies et excrètent des trépidations bien biologiques, m'en soient témoins les oeuvres électroacoustiques de Iannis Xenakis (sans exception, de Diamorphoses à La légende d'Eer en passant par Persepolis). Et après on essaie encore de me faire des prédications autour du sérialisme, de m'enrôler, que dis-je, de m'enrégimenter dans cette Église d'autistes, dans cette entropie d'hallucinés récitant leurs mantras au Saint Diapason 440, ce capharnaüm abhorrant le conformisme tonal pour mieux se conformer dans son incomparable doxa, ah, ils anhèlent les coquins, les fripons enchifrenés, les faquins catarrheux, ah mais jamais, - ô grand jamais, - ils ne m'empêcheront d'exhaler de joie, jamais ils ne m'attraperont avec le cruor noir qu'ils expectorent avec abjection - et dégoût de vivre ! Regardez
-les danser, ces pantins, ils hennissent avec stupre qu'il faut leur être agréable, qu'il ne faut pas les amener à l'effort, qu'il faut les laisser avec leurs lénitifs et leur virtus dormitiva, leur vie se résume à des antispasmodiques, ils nient la vie en niant ce en quoi elle consiste, c'est-à-dire à transmuter l'obstacle en moyen. Ils préfèrent se dire que le pied du heurt est le plus bel endroit de la Terre, que la coercition ne pourra jamais être stimulante - hallucinés inconscients qu'ils sont !
Vivent les ellipses insensées dignes de nos précieux rishis ! Le primat doit revenir à la beauté de l'oeuvre, à sa capacité à pénétrer la chair en trépidations majeures, et non à ce en quoi elle plait - critère vulgaire que voilà ! Ah l'oeuvre véritable, elle ne tend jamais la main, ne s'abaisse jamais, et demande à ce qu'on lève le flamberge pour elle, car elle est femme et n'aime jamais que les guerriers ! Elle ne doit pas être révérée pour sa coalescence avec le Solfège (y compris celui des objets sonores), on n'accède pas au musical par la métrique, la structure (comme le clamait Pierre Schaeffer) ou le sens (comme je le soutenais moi-même). Ah l'onde... elle doit morguer, que dis-je, bornoyer les autres, glavioter férocement sur les chaussures des manants ! Depuis quand doit-elle s'enrober de papelardises, dévoiler l'intégralité de ses appas comme la dernière des courtisanes pour qu'on puisse l'adapter hors de sa dimension temporelle, s'épicer pour relever un peu son goût mais pas trop quand même, ô que non, non non, trois fois non ! Ô Saint Non, tu me veux, tu me scrutes, tu veux me fouiller, compulser mes ouïes, je le sens, ô Démon de Non, tu me veux comme un héros de Lermontov, fi, je ne te voudrai jamais ! L'oeuvre est oeuvre dès lors qu'elle laisse à peine deviner ses délices sui generis, avance mystérieusement en laissant des traces de pas safranées, ses chevilles mignonnes se dévoilent et se masquent aussitôt, elle danse avec son auditeur, l'endurcit tout en le halant à elle, donne l'impression d'être à sa hauteur et sitôt retourne à son empyrée, elle devient consubstantielle à son partenaire et aussitôt s'en détache dans une scissiparité suprême, c'est une eucharistie divine, c'est une affirmation, c'est une pulsion infiniment positive - et subtile ! La création qui se simplifie, qui se dégrade - et se ternit - pour être accessible, ne sera jamais oeuvre ! Comme l'homme qui alourdit ses sens à l'aide de narcotiques pour ressentir ne pourra jamais s'élever - il sera devenu trop aboulique et atone pour ça. Mon âme abjure les émollients ! Mon âme n'aspire qu'à la hauteur ! Je m'époumone de joie, d'extension de moi, d'endeavour positif, et l'idiot moderne brame comme un cerf en rut.
Je rejette et méprise la valetaille, la gueusaille, et les plébéiens. Je suis l'esthète - et mon goût est dur.
20:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
réellement admirable ...
Écrit par : flore | mercredi, 21 mai 2008
gooooooooooooooooooooooooooood
Écrit par : العاب اكشن | mardi, 15 novembre 2011
Écrire un commentaire