mardi, 24 juin 2008

Actionnisme viennois


Images : Gunther Brüs (1963)

Musique : Pierre Henry (1970)

En lisant quelques texticules sur la civilisation d'Harappa (près de l'Indus), ainsi que sur les Dogons (en Afrique), j'ai été pris d'un émoi profond, constatant que les phéniciens n'étaient pas les seuls à manger des menstrues, m'enivrant des fresques de ces rituels comprenant une vénération des semences, une sacralisation de nos plus honteux suints, rituels tendant vers une affirmation de ceux-ci. Il s'agit, sans aucun doute, d'une visée commune avec celle de l'Idiot onaniste - bien que je substituasse au sens religieux une mécanique de Wille zur Macht.

C'est ainsi que j'ai réalisé que je n'avais peut-être pas fourni suffisamment d'éléments à la compréhension de l'Idiot onaniste, et que j'ai décidé de livrer un échantillon de ce qui m'a décidé, il y a neuf mois, à créer cette oeuvre que beaucoup qualifient encore de "sordide". Je n'ai jamais rien publié concernant toutes les choses que j'ai dû faire pour l'enregistrer afin de ne pas sombrer dans l'immense galvaudage de l'actionnisme : regardez-le préférer regarder la caméra plutôt que de s'appliquer à contempler le fruit de ses entrailles comme il le devrait. J'ose également vous rappeler certains passages de la notice de publication :

"L'actionnisme est formellement non-dionysiaque parce qu'il est une imposture [et] il serait impossible de transvaluer ces pseudo-travaux vomitoires prétendant travailler du corps par une autre imposture. Connaître toute sa substance n'a rien à voir avec ce fouaillage viennois, je vomis, j'éjacule, je crache, j'éructe et hurle, mais définitivement, me recouvrir le corps d'excréments et utiliser un carré de viande comme poupée gonflable [...] est non seulement hors du cadre de ma recherche, mais ça procède d'un simulacre grimacier qui intégré à mon système le ferait effondrer tout entier."

"[...] Quand tu vas dans une vespasienne, ne t'es-tu jamais questionnée sur ce que tu y faisais [le secret sur la secrétion], sur ce qui s'y évadait, évasait, évidait de toi, et de quelle façon ? Vidange, vendanges, vous dis-je ! Ou plutôt, c'est une question qui dérange. Qui démange tellement que dès qu'il en est fait mention, tu es indignée. Mais moi aussi je défèque, [et qui n'a pas de] sucs, de matières fécales, de salive, de mucus, de sang [...] ? La seule réponse pertinente à apporter au problème n'est pas une plainte outrée, mais une prise de conscience pour une affirmation consciente, une connaissance de soi réelle et la transmutation de toutes ces dénégations primaires exhumées suite à cette connaissance. Enfin, une véritable extension de moi apparaîtra bientôt."

R.