mercredi, 02 juillet 2008

Cahier auvergnat

PRÉAMBULE

Écrire peut devenir quelque chose de vital. Écrire pour survivre. « Celui qui écrit avec son sang, celui-là ne veut pas être lu mais appris par coeur. » Chercher l'acte d'écrire des « affamés », une abréaction d'encre, « ne me demandez pas ce que je fais, je ne le sais pas moi-même », comme Michel Foucault... Je suis celui qui, comme Tchekhov, cherchait à trouver de l'estime par la dévaluation, à exhorter la masse à le conspuer ; puis qui a voulu mimer Rostand, prétendant être incapable d'égaler ses propres oeuvres passées. À présent, je suis comme Raphaël Badawi : la fatigue ne doit pas altérer le devoir primordial de me travailler, - et que m'importe ce qu'en disent les autres, toute gloire est une mort du sujet, c'est ainsi que je préfère encore être un satyre qu'être un saint – je dois écrire, je dois lire, vaticiner, crier, ne plus réciter mais faire sonner, résonner ce que je suis, creuser ce creuset dans les signifiants, ma rythmicité, par de nouvelles plasticités syntagmatiques et de nouvelles articulations, par des hyperbates et des anacoluthes, par des retards et des sauts prestes, des anaphores nouvelles, un cantique nouveau. Je suis fatigué, mais je ne veux pas être un mort. La phase de grande santé s'est achevée, et je doute de pouvoir un jour approcher de nouveau la fertilité du Monde comme interfaces et interactions, du Cahier auvergnat, ou de mes Aphorismes. Je n'écris plus, dorénavant, que l'architecture d'un beau mausolée à mon oeuvre. La fatigue, le devenir-ce-que-je-méprise...

Ce Cahier auvergnat que je vous restitue ici, naufragé, criblé de biffures et de lacunes, les parties manquantes et perdues étant plus nombreuses que les parties restaurées. Sans ce curieux amoncellement de notes, souvent prises sur le vif, puis de rétrospections épaisses accomplies dans un esseulement complet, sans ce texte bizarre, atypique s'il en est, beaucoup de mes Aphorismes resteront mystérieux. Les trois conceptions extraordinaires que j'y échafaude : une vision artistique du divin, une nouvelle approche néo-humienne de la synthèse de fonctions, un approfondissement de la mécanique dickienne de contingence. Le cri est comme le silence, une rébellion contre les signifiants, un poème à la vie. Le cri et le silence, deux frères d'infortune, seuls compagnons de l'élaboration de ce cahier.

Qu'est-ce qui rend ce texte si important ? L'Eidos comme conjecture redondante devenant immédiate, aisée ; Dieu comme la meurtrière dans laquelle verser de l'huile sur l'entendement et refonder ses catégories ; une extase, un danger, une urgence. Oui, je sacralise ce cahier, car c'est à travers lui que j'ai reformé mon entendement – ce que j'expose ici est la preuve, le témoin irrévocable, de ce que j'ai été Dieu, et que j'ai accompli sur cette planète ma mission de coupure-flux. Non, je ne suis pas un avatar de Vishnu ; je suis un destructeur, un danseur, un créateur, un desaxé extravagant – Shiva Natarâdja, celui qui pose de nouvelles tables de valeurs.


R. le 2 juillet 2008.

PREMIÈRE PARTIE - DE LA FACULTÉ DE SYNTHÈSE A PRIORI

SECONDE PARTIE - POSTULAT DE L'ERGOLOGIE DIVINE

TROISIÈME PARTIE - FOUCADES ET FREDAINES

La publication sera effectuée dès lors que j'aurai retrouvé mon manuscrit. Merci de votre compréhension.

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