vendredi, 16 mai 2008
Invasion d'isoptères
18:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 mai 2008
Fragments pour Julie
Lorsqu'une muse devient si infatuée qu'elle se persuade que l'esthète veut en faire son jumeau (et comment diable l'artiste voudrait-il que l'inspiration qu'incarne la muse s'auto-annihilât en entretenant un principe d'identité avec lui ? La muse a une probabilité bien plus grande de devenir une réplique de son amie que de son soupirant, qui ne demande pas mieux que de la voir prendre les faciès les plus imprévisibles afin qu'elle avivât encore plus son inspiration) ; lorsqu'une muse devient si infatuée, écrivé-je, qu'elle ne veut pas croire que l'amour de l'esthète soit dans une toute autre dimension que les étalons autrement plus triviaux de l'intelligence, qu'enfin elle s'échine à penser que c'est lui faire injure que de vouloir la voir voler aussi haut que son formidable potentiel le lui permet (quel artiste ne voudrait pas voir son inspiration s'élever brasillante sur des belvédères lointains ?), que c'est condescendance pure, tant mon amour est prodigue, que de la laisser libre de gâcher ses capacités sans que mon estime en son endroit ne diminuât fortement (être déçu de la visée de quelqu'un ne signifie pas lui en tenir rigueur d'une façon terrible) : lorsqu'une muse s'enfange dans de si médiocres considérations, il convient de lui rappeler que malgré tout, elle m'est formellement indispensable.
Ceci sera mis à jour fréquemment dans la semaine à venir :
Fragments pour JulieR.
Et pour répondre à d'autres sentences (quoi de plus couard que d'être suffisamment pleutre pour nier le jugement, tout en en usant par derrière ; ceci est une pathologie que de ne pouvoir soutenir le regard des autres, qu'on appelle la blemmophobie) : "Quand nous ne nous sentons pas à la hauteur d'une chose difficile, nous ne tolérons pas qu'elle soit mentionnée devant nous." Opinions et sentences mêlées, §21. Oui, jadis, je ne tolérais pas qu'on me dît que je dusse encore progresser, je ne le supporte toujours pas, et pourtant, ces exhortations, parmi lesquelles celles de mes plus sublimes fustigeurs, m'ont permis d'effectivement m'élever. "D'une absence complète de critique résulte un affaiblissement continuel de la jouissance que procure l'art. Mais plus la jouissance diminuera, plus se transformera le désir de l'art, pour régresser jusqu'à devenir un simple appétit, à quoi l'artiste cherche, dès lors, à subvenir par une nourriture toujours plus grossière". §28. L'absence de jugement transmute l'activité en produit, consacre le médisant goût commun, et détruit l'art au profit de l'industrie culturelle (vaste bibliographie pour étayer mon propos : Adorno, Meschonnic, l'herméneutique de Paul Ricoeur, le fondement du postmodernisme, la réfutation shivaïte à la putride relativité des perspectives etc.). Enfin, je ne deviendrai pas ce héros kierkegaardien, qui profite de ses contusions mentales pour être enfin inspiré.
Puisse ainsi ma muse choisir le chemin qu'elle désire, mais en toute connaissance de cause. Et peu importe son choix, elle jouit toujours d'une estime considérable de ma part - car le dépassement n'est qu'un plus, ou plutôt un surplus, qui ne change strictement rien à la valeur intrinsèque d'un individu.
15:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 novembre 2007
Oeuvres charnières
En ce jour d'hui, la question suivante m'a été posée : "Quelle oeuvre a changé ta vie ?"
Répondre à une telle interrogation par une seule référence me serait impossible, et sept réponses permettront à ma langue de ne pas être trop fourchue. Chacun de ces ouvrages a eu une influence non négligeable sur mes dernières études.
Tout d'abord, ce que je nommerai le "triptyque grandiloquent" de Pierre Henry. À savoir :
- la Messe de Liverpool de 1967, téléchargeable sur le blog de Jacob Sudol, pour ses trilles vocales
- l'Apocalypse de Jean de 1968, pour la narration formidable de Jean Négroni
- les Fragments pour Artaud de 1970, pour ses choeurs terribles et son intéréssant travail sur le langage, quoique bien trop attifé et fardé d'un charbon de fardier pour décemment se réclamer d'Artaud
Ensuite, Visage (1962) de Luciano Berio est à mon oreille toujours lové comme l'oeuvre absolue dans le domaine de l'explosion du corps.
L'Étude aux objets (1959) de Pierre Schaeffer est d'une poésie que je n'ai pu retrouver ailleurs à ce degré de perfection.
Pour en finir avec le pouvoir d'Orphée (1962) de Parmegiani, bien que De natura sonorum et dernièrement La mémoire des sons du même auteur m'aient éjouit et soufflé, m'a époustouflé. Pour son intéressante intégration d'objets harmoniques pris selon leur perspective sonore - redécouverte avec une oreille neuve des écarts tonaux.
Enfin, Mort aux vaches de Noetinger et Marchetti. À chaque fois que j'écoute du Marchetti, je découvre de nouvelles choses ("tiens là un bout de P. Henry des années 50, et là du Chion, et là du Berio"), mais pas dans ses improvisations, d'une pureté ineffable.
R.
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samedi, 17 novembre 2007
Le moungongo sans iboga
Il n'est plus sculpteur à présent. Son corps a déjà roulé sous vos pieds en mille morceaux. Il est architecte.
Il y a deux grandes oeillères en musique, sur lesquelles nombre de pseudo-musiciens posent leur séant non sans fatuité, comme s'ils venaient de s'exposer sur une cathèdre royale, enluminés par un lambrequin d'argent. Plus pathétique que le Ulrich de Müsil, le Pico II sous les dais du pouvoir. Ces oeillères étaient fondamentalement des vade-mecum - des précis pour servir de support à la mémoire et à la coordination. La première est la pulsation. La seconde est le diapason - plus récent, organe princier du gymel puis de la polyphonie. Maintenant que nous avons la capacité de fixer les sons, de les détacher de leurs conditions d'apparitions et d'abolir toutes ces ornières creusées dans le son même par différents systèmes de notation et véhicules de remembrance, pourquoi faudrait-il que nous continuassions à nous pavoiser lestement derrière ces oripeaux d'une autre époque ? Cette accoutumance a tant percolé - pas par atavofigurisme, mais par accomodation éducative - que plus personne n'est capable d'envisager une danse non-bornée à l'ignoble temps pulsé - autant dire que la danse intime, radiant sous la mandorle de soi, dardant d'une affirmation sans bornes, n'existe plus. Et bientôt le plus illustre danseur réalisera et se lamentera ainsi comme la dernière des héroïdes : "Mon corps ne se meut plus en flamboyant, il ne fait plus florès d'un doigt ! Que m'est-il arrivé mes frères ? En vérité, depuis ma naissance, on n'a fait que me duper." J'ai été sevré aux mamelles de la tonalité comme peu de personnes. J'ai été sectateur de l'assonnance, lorsque je composais pour orchestre, comme peu de personnes. Et voici, me faire violence à mille cinglons de raison, pour faire de défaire - me défaire de ces préjugés - m'a valu bien des persiflages. Mais je persisterai - dans mon amour prodigue du sublime. Ce que vous allez à présent toucher du bout de la lobule, c'est un esthète qui ensemence frênaies et chênaies - mais cette sylve électroacoustique ne tarde pas à être avariée.
Également disponible ici
Affectuoso,
R.
On me rétorque que le foetus entend les battements de son coeur (je devrais arrêter de parler de ventricules qui caquètent hein), et que c'est de là que proviendrait un amour naturel de l'homme à l'endroit de la pulsation. Je ne puis que répondre que cela se peut sous condition d'un grossissement extrême difficilement crédible à cet état foetal. Cependant, nous pouvons, du thème de la respiration et du coeur, inférer l'amour d'un certain spectromorphisme (sujet que j'ai développé à l'extrême dans l'Idiot onaniste, mais on le retrouve fondamentalement dans des chants sacrés hindous, confer ce que je fais chanter à mon père dans la piste huit de l'Idiot onaniste). La stéréotypie massive et abusive (tuméfiée immodérément de nos jours avec l'abondance d'amplificateurs) nous inculque l'amour d'écarts de fréquence précis, de marques disgracieuses et rustaudes d'un temps découpé comme l'espace (procédé dénoncé par Bergson dans la Pensée et le mouvant), et d'une grammaire de son fort limitée (catéchisée au point d'en faire éprouver du dégoût à l'entente de certains bruissements). Il est de notre devoir, à nous hommes au goût sûr et supérieur, de résister face à ce colonialisme endémique et pestilentiel d'un art objectivé, de résister devant l'affront offert par ces oreilles morigénées, de ne pas décliner dans un relativisme qui nous perdrait, de ne pas perdre l'amour de l'escrime, de rappeler à tout un chacun l'importance vitale de l'activité critique, pour prévenir l'ultime trépas que serait la mort de l'art au sens hegelien du terme.
09:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 28 octobre 2007
Nuits d'Octobre
Sélection d'études composées du quinze au vingt-sept octobre 2007, pour la plupart au détour d'une insomnie.
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dimanche, 07 octobre 2007
L'idiot onaniste
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lundi, 30 juillet 2007
Marcel de la Jartèle - Intégrale
Marcel de la Jartèle est le pseudonyme que j'utilisais avant de signer mes compositions de mon véritable nom. Je vous propose, étant donné que j'ai perdu toute motivation quant à la création musicale et que je risque fort d'arrêter la compositon pour une durée indéterminée, l'intégralité de mes oeuvres trouvables. Toutes les créations de 2004 et antérieures ont été archivées dans un disque dur aujourd'hui perdu, je ne peux donc que vous proposer ce qui a été fait à partir de 2005, et qui comprend l'intégralité des albums publiés sur Jamendo, des inédits publiés sur ce blog, ainsi que quelques albums antérieurs à Griffes de Khazdur OST dont certains parfaitement inédits (Witches Adventures OST, Delta OST II) et d'autres remasterisés (Delta OST, Delta OST II).
01 - Witches Adventures OST - Premier trimestre 2005
Seuls 23 titres sur 40 de cette bande son ont pu être récupérés, les autres étant trop endommagés (le CD était atrocement rayé) pour être regénérés. Un jeu fort édulcoré, melliflu à l'extrême, baignant dans des couleurs fort contrastées, la naïveté et l'infantilisation. La bande son se veut donc synthétique à souhait (je préférais souvent les instruments électroniques à ceux de l'orchestre), extrêmement simple, et joyeuse. Le tout joué par une banque de sons MIDI fort laide et criarde. Cette bande son est également inédite, puisque le seul moyen de l'écouter était de jouer à Witches Adventures - je supputais ces travaux comme étant trop inintéréssants pour être sujets à une publication. Note importante : c'est ici que l'on pourra entendre la toute première version de ce qui deviendra plus tard My Mind is Marcel. Des thèmes de Witches Adventures seront régulièrement recomposés, y compris dans La vision hétaïrique du monde.
02 - Delta OST - Second trimestre 2005
Bande son d'un jeu beaucoup plus sombre que le précédent, redonnant le primat à l'orchestre. En outre, ayant retrouvé les sources, j'ai pu rééchantillonner l'intégralité de la chose avec la synthèse orchestrale de Griffes de Khazdur (qui n'a d'ailleurs depuis presque pas changé). De nombreux clins d'oeil à Wetz et Glière, une certaine simplicité aussi, mais cette fois-ci pas volontaire, simplement due au logiciel que j'utilisais alors (qui plantait quand trop de parties différentes étaient jouées, ce qui me forçait à multiplier les doublures).
03 - My Mind is Marcel - Second trimestre 2005
Composé en deux semaines à la fin du mois de juin 2005, un projet de musique électronique baroque, qui marque également mon premier contact avec un logiciel différent d'un séquenceur MIDI. Les trois derniers titres sont inédits : je les avais retirés au moment de la publication, les jugeant trop plats.
04 - Delta OST II - Été 2005
Le début de Delta OST II a été composé en même temps que la fin de My Mind is Marcel, la fin de Delta OST II a été composée en même temps que le début de Griffes de Khazdur - une bande son nichée dans une marge étroite donc. Lors des premiers enregistrements de Griffes de Khazdur, j'avais décidé de ne pas publier Delta OST II, trop honteux du son grossier du MIDI pur. Cette bande son est ainsi à la fois inédite et remastérisée. On y découvre des reprises de Mendelssohn, de Ravel, et du Lac des cygnes, sans oublier les clins d'oeils évidents à Nobuo Uematsu et Danny Elfman. Y sont présentes les premières versions de Perdition (Delta 41) et Artificial Orchestral Tale (Delta 50). Plus de la moitié des titres sont, à vrai dire, des premières versions de compositions qui s'étaleront de Griffes de Khazdur au Chant d'ivresse.
05 - Griffes de Khazdur OST - Été 2005
Mes premières orchestrations complexes, sans les limites des plantages réguliers de mon ancien séquenceur. L'apparition d'une véritable synthèse orchestrale. Bref, une oeuvre charnière.
06 - Symphonie du Chocapik - Octobre 2005
Mon troisième essai de symphonie (après BLAG Linux Sympony et War of Leech Symphony en 2004), et ça doit être une malédiction, mais je n'ai jamais réussi à, d'une part, respecter les règles de la symphonie, d'autre part, aller jusqu'au bout de l'élaboration de celle-ci.
07 - Ipséité - Janvier 2006
L'album suivant la symphonie du chocapik avait en réalité été avorté en plein milieu de son processus de composition, en janvier 2006, lors de ma décision d'arrêter la composition pendant un an. Au cours de l'année, cinq vélléités de reprise engendront cinq nouveaux titres qui, adjoints à l'album inachevé du mois de janvier, ont donné Ipséité.
08 - Symphonie n°4 - La vésanie d'Ophelia - Janvier 2007
Une reprise tonitruante, pour un quatrième essai inachevé de symphonie. Composée en dix jours, cette reprise constitue probablement ma saillie la plus profonde.
09 - Le chant d'ivresse - Premier trimestre 2007
Six semaines, avec l'aide de Maya de Luna et d'Anaëlle, pour composer ce mini-ballet en l'honneur de l'Éternel Retour - et qui marque bien entendu la fin de l'ère orchestrale, ma décision irrévocable d'arrêter l'orchestration.
10 - La vision hétaïrique du monde - Mai 2007
Une demi-heure d'improvisation pianistique aura suffi pour achever la structure de la quatrième symphonie, me permettant de repartir sur de nouvelles bases sans regrets.
11 - Une demeure d'Astérion - Juin 2007
Premier essai transitoire pour passer du neo-baroque à la musique acousmatique. Deux petites journées, six minutes de production, auront suffi pour me décider à abandonner le massacre. Le second essai aura été plus malheureux encore, escarrant et balafrant toute inspiration.
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14:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

