samedi, 17 novembre 2007
Le moungongo sans iboga
Il n'est plus sculpteur à présent. Son corps a déjà roulé sous vos pieds en mille morceaux. Il est architecte.
Il y a deux grandes oeillères en musique, sur lesquelles nombre de pseudo-musiciens posent leur séant non sans fatuité, comme s'ils venaient de s'exposer sur une cathèdre royale, enluminés par un lambrequin d'argent. Plus pathétique que le Ulrich de Müsil, le Pico II sous les dais du pouvoir. Ces oeillères étaient fondamentalement des vade-mecum - des précis pour servir de support à la mémoire et à la coordination. La première est la pulsation. La seconde est le diapason - plus récent, organe princier du gymel puis de la polyphonie. Maintenant que nous avons la capacité de fixer les sons, de les détacher de leurs conditions d'apparitions et d'abolir toutes ces ornières creusées dans le son même par différents systèmes de notation et véhicules de remembrance, pourquoi faudrait-il que nous continuassions à nous pavoiser lestement derrière ces oripeaux d'une autre époque ? Cette accoutumance a tant percolé - pas par atavofigurisme, mais par accomodation éducative - que plus personne n'est capable d'envisager une danse non-bornée à l'ignoble temps pulsé - autant dire que la danse intime, radiant sous la mandorle de soi, dardant d'une affirmation sans bornes, n'existe plus. Et bientôt le plus illustre danseur réalisera et se lamentera ainsi comme la dernière des héroïdes : "Mon corps ne se meut plus en flamboyant, il ne fait plus florès d'un doigt ! Que m'est-il arrivé mes frères ? En vérité, depuis ma naissance, on n'a fait que me duper." J'ai été sevré aux mamelles de la tonalité comme peu de personnes. J'ai été sectateur de l'assonnance, lorsque je composais pour orchestre, comme peu de personnes. Et voici, me faire violence à mille cinglons de raison, pour faire de défaire - me défaire de ces préjugés - m'a valu bien des persiflages. Mais je persisterai - dans mon amour prodigue du sublime. Ce que vous allez à présent toucher du bout de la lobule, c'est un esthète qui ensemence frênaies et chênaies - mais cette sylve électroacoustique ne tarde pas à être avariée.
Également disponible ici
Affectuoso,
R.
On me rétorque que le foetus entend les battements de son coeur (je devrais arrêter de parler de ventricules qui caquètent hein), et que c'est de là que proviendrait un amour naturel de l'homme à l'endroit de la pulsation. Je ne puis que répondre que cela se peut sous condition d'un grossissement extrême difficilement crédible à cet état foetal. Cependant, nous pouvons, du thème de la respiration et du coeur, inférer l'amour d'un certain spectromorphisme (sujet que j'ai développé à l'extrême dans l'Idiot onaniste, mais on le retrouve fondamentalement dans des chants sacrés hindous, confer ce que je fais chanter à mon père dans la piste huit de l'Idiot onaniste). La stéréotypie massive et abusive (tuméfiée immodérément de nos jours avec l'abondance d'amplificateurs) nous inculque l'amour d'écarts de fréquence précis, de marques disgracieuses et rustaudes d'un temps découpé comme l'espace (procédé dénoncé par Bergson dans la Pensée et le mouvant), et d'une grammaire de son fort limitée (catéchisée au point d'en faire éprouver du dégoût à l'entente de certains bruissements). Il est de notre devoir, à nous hommes au goût sûr et supérieur, de résister face à ce colonialisme endémique et pestilentiel d'un art objectivé, de résister devant l'affront offert par ces oreilles morigénées, de ne pas décliner dans un relativisme qui nous perdrait, de ne pas perdre l'amour de l'escrime, de rappeler à tout un chacun l'importance vitale de l'activité critique, pour prévenir l'ultime trépas que serait la mort de l'art au sens hegelien du terme.
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dimanche, 28 octobre 2007
Nuits d'Octobre
Sélection d'études composées du quinze au vingt-sept octobre 2007, pour la plupart au détour d'une insomnie.
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dimanche, 07 octobre 2007
L'idiot onaniste
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lundi, 30 juillet 2007
Marcel de la Jartèle - Intégrale
Marcel de la Jartèle est le pseudonyme que j'utilisais avant de signer mes compositions de mon véritable nom. Je vous propose, étant donné que j'ai perdu toute motivation quant à la création musicale et que je risque fort d'arrêter la compositon pour une durée indéterminée, l'intégralité de mes oeuvres trouvables. Toutes les créations de 2004 et antérieures ont été archivées dans un disque dur aujourd'hui perdu, je ne peux donc que vous proposer ce qui a été fait à partir de 2005, et qui comprend l'intégralité des albums publiés sur Jamendo, des inédits publiés sur ce blog, ainsi que quelques albums antérieurs à Griffes de Khazdur OST dont certains parfaitement inédits (Witches Adventures OST, Delta OST II) et d'autres remasterisés (Delta OST, Delta OST II).
01 - Witches Adventures OST - Premier trimestre 2005
Seuls 23 titres sur 40 de cette bande son ont pu être récupérés, les autres étant trop endommagés (le CD était atrocement rayé) pour être regénérés. Un jeu fort édulcoré, melliflu à l'extrême, baignant dans des couleurs fort contrastées, la naïveté et l'infantilisation. La bande son se veut donc synthétique à souhait (je préférais souvent les instruments électroniques à ceux de l'orchestre), extrêmement simple, et joyeuse. Le tout joué par une banque de sons MIDI fort laide et criarde. Cette bande son est également inédite, puisque le seul moyen de l'écouter était de jouer à Witches Adventures - je supputais ces travaux comme étant trop inintéréssants pour être sujets à une publication. Note importante : c'est ici que l'on pourra entendre la toute première version de ce qui deviendra plus tard My Mind is Marcel. Des thèmes de Witches Adventures seront régulièrement recomposés, y compris dans La vision hétaïrique du monde.
02 - Delta OST - Second trimestre 2005
Bande son d'un jeu beaucoup plus sombre que le précédent, redonnant le primat à l'orchestre. En outre, ayant retrouvé les sources, j'ai pu rééchantillonner l'intégralité de la chose avec la synthèse orchestrale de Griffes de Khazdur (qui n'a d'ailleurs depuis presque pas changé). De nombreux clins d'oeil à Wetz et Glière, une certaine simplicité aussi, mais cette fois-ci pas volontaire, simplement due au logiciel que j'utilisais alors (qui plantait quand trop de parties différentes étaient jouées, ce qui me forçait à multiplier les doublures).
03 - My Mind is Marcel - Second trimestre 2005
Composé en deux semaines à la fin du mois de juin 2005, un projet de musique électronique baroque, qui marque également mon premier contact avec un logiciel différent d'un séquenceur MIDI. Les trois derniers titres sont inédits : je les avais retirés au moment de la publication, les jugeant trop plats.
04 - Delta OST II - Été 2005
Le début de Delta OST II a été composé en même temps que la fin de My Mind is Marcel, la fin de Delta OST II a été composée en même temps que le début de Griffes de Khazdur - une bande son nichée dans une marge étroite donc. Lors des premiers enregistrements de Griffes de Khazdur, j'avais décidé de ne pas publier Delta OST II, trop honteux du son grossier du MIDI pur. Cette bande son est ainsi à la fois inédite et remastérisée. On y découvre des reprises de Mendelssohn, de Ravel, et du Lac des cygnes, sans oublier les clins d'oeils évidents à Nobuo Uematsu et Danny Elfman. Y sont présentes les premières versions de Perdition (Delta 41) et Artificial Orchestral Tale (Delta 50). Plus de la moitié des titres sont, à vrai dire, des premières versions de compositions qui s'étaleront de Griffes de Khazdur au Chant d'ivresse.
05 - Griffes de Khazdur OST - Été 2005
Mes premières orchestrations complexes, sans les limites des plantages réguliers de mon ancien séquenceur. L'apparition d'une véritable synthèse orchestrale. Bref, une oeuvre charnière.
06 - Symphonie du Chocapik - Octobre 2005
Mon troisième essai de symphonie (après BLAG Linux Sympony et War of Leech Symphony en 2004), et ça doit être une malédiction, mais je n'ai jamais réussi à, d'une part, respecter les règles de la symphonie, d'autre part, aller jusqu'au bout de l'élaboration de celle-ci.
07 - Ipséité - Janvier 2006
L'album suivant la symphonie du chocapik avait en réalité été avorté en plein milieu de son processus de composition, en janvier 2006, lors de ma décision d'arrêter la composition pendant un an. Au cours de l'année, cinq vélléités de reprise engendront cinq nouveaux titres qui, adjoints à l'album inachevé du mois de janvier, ont donné Ipséité.
08 - Symphonie n°4 - La vésanie d'Ophelia - Janvier 2007
Une reprise tonitruante, pour un quatrième essai inachevé de symphonie. Composée en dix jours, cette reprise constitue probablement ma saillie la plus profonde.
09 - Le chant d'ivresse - Premier trimestre 2007
Six semaines, avec l'aide de Maya de Luna et d'Anaëlle, pour composer ce mini-ballet en l'honneur de l'Éternel Retour - et qui marque bien entendu la fin de l'ère orchestrale, ma décision irrévocable d'arrêter l'orchestration.
10 - La vision hétaïrique du monde - Mai 2007
Une demi-heure d'improvisation pianistique aura suffi pour achever la structure de la quatrième symphonie, me permettant de repartir sur de nouvelles bases sans regrets.
11 - Une demeure d'Astérion - Juin 2007
Premier essai transitoire pour passer du neo-baroque à la musique acousmatique. Deux petites journées, six minutes de production, auront suffi pour me décider à abandonner le massacre. Le second essai aura été plus malheureux encore, escarrant et balafrant toute inspiration.
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samedi, 14 juillet 2007
Annulation du moungongo sans iboga
J'estimais qu'apprendre l'art des objets sonores prendrait quelques semaines à être maîtrisé en autodidacte, tout comme l'art de l'orchestration m'avait pris quelques semaines pour être dompté lorsque j'avais quatorze ans. Hélas, la musique acousmatique est d'une telle rigueur dans son rapport sémiotique/sémantique qu'elle se révèle infiniment plus ardue à créer qu'une orchestration, d'autant plus que la musique acousmatique n'est pas transposable hors de la dimension temporelle du son alors que la musique pour orchestre est transposable dans la dimension spatiale de l'interface qu'est la partition. De surcroît, la musique orchestrale autorise les fadaises musicales, alors que l'art acousmatique se rapprochant plus du travail du sculpteur, il ne peut décemment s'autoriser la moindre lacune.
Au bout d'un mois de marasme inquiétant, je me rends compte que vouloir faire un rite bwiti mâtiné de musique concrète était une gageure dressant des récifs contre lesquels je m'échouais avec violence. Il est temps d'arrêter de laisser mes plaies suppurer, il est temps d'effectuer une réelle étude acoustique et d'attendre d'être parvenu à une maturité suffisante (je ne vais pas attendre d'être blet et racorni non plus) avant de retenter de m'enquiller dans une éparchie électroacoustique.
Des notes, des notes, j'entends des notes, aux hampes larges, aux cuisses semblables à des trompes d'éléphants ! De l'air, de l'air, où es-tu, toi qui dissimulé derrière tes délicieux boisseaux savait m'envoûter, toi qui surgissait du néant, ô musique ! Sol mi do fa ré si do ré mi do ré si do... Où es-tu, vibration exquise, oscillation voluptueuse, faisant frétiller et trémuler l'ensemble de ma physiologie... Raphaël le séraphin qui guérit de la cécité est devenu aveugle.
Me voici de retour dans l'univers falot des fantômes, me voici de retour dans un monde qui me veut, et qui engourdit mes sens. Ankylosé par ce frimas, rongé par l'onglée, il me faut pourtant attendre d'être nivéal pour que l'efflorescence vienne, pour qu'enfin, le domaine électroacoustique me devienne accessible.
Veuillez me pardonner,
Raphaël.
Post Scriptum : Sous le pseudonyme d'Eichor Premier (en référence à l'enfance de Nietzsche) et envahi par la rage d'un Skanda, j'ai migré sous Dogmazic => http://www.dogmazic.net/Eichor_Premier Je compte composer quelques heures par semaine (deux heures cette semaine en l'occurence) afin de fournir un pavot pour l'âme tous les samedi.
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lundi, 18 juin 2007
Transition vers un domaine électroacoustique
Pour le moment, c'est plutôt de l'ordre de l'électroacoustique baroque. À ne surtout pas considérer comme une oeuvre ou un bonus, seulement comme un ramas d'essais destiné à prendre la température et voir comment les choses évoluent.
Téléchargement ici (demeure d'astérion car non-sens total, profusion éclatée sans corrélats idoines).
Affectuoso,
Raphaël.
P.S. : J'ai scanné, dactylographié faute d'OCR, et publié le mois dernier le Traité de l'Unité, attribué à tort ou à raison à Ibn Arabî, sur Wikisource. Une perle de sagesse soufie indispensable à lire ici.
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dimanche, 20 mai 2007
Bonus - La vision hétaïrique du monde
AVERTISSEMENT : le son, en plus d'être en mono, est extrêmement crade (et ce pourtant après un nettoyage très radical de la bande).
Ce brouillon que je pourrais qualifier de "surprise" reprend et achève le scénario et les thèmes de la quatrième symphonie sous une forme pianistique semi-improvisée (les structures et thèmes principaux avaient été préparés à l'avance, tout le reste est intégralement improvisé).
Le (médiocre) livret (bâclé) exposant le scénario :
L'album :
P.S. : Je ne suis pas sûr de reprendre la composition, n'éprouvant à ce jour pas la moindre volition de réinstallation de Windows. Cependant, si d'aventure il m'arrivait de reprendre la création artistique, cela ne se ferait plus dans un registre baroque orchestral/pianistique, mais dans un registre totalement différent, à savoir de la musique concrète et acousmatique très influencée par les musiques pour bande de Gyorgo Ligeti de 1957 et 1958.
Wait & See.
Votre serviteur,
Raphaël.
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dimanche, 08 avril 2007
Troisième improvisation
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samedi, 31 mars 2007
Sortie du chant d'ivresse
Voilà la vérité !
Beethoven, montrant les partitions d'Haendel.
A OPHÉLIE THOUVENOT.
Le chant d'ivresse est à ce jour mon opus le plus abouti.
Il a ainsi quatre caractéristiques essentielles. Tout d'abord, il s'agit du premier album depuis la Symphonie du Chocapik à ne présenter aucun titre inachevé - et qui va même jusqu'à introduire des surérogatives. Ensuite, il s'agit de ma première oeuvre réellement structurée et ce jusque dans une parfaite cohésion pensée même lors de l'adjonction des scolies - pour ce qui est de la structure, je vous renvoie à mon précédent billet au sujet du chant d'ivresse. Une structure n
otamment relevée par un jeu constant d'homéotéleutes permettant d'établir toute une périssologie sur le mini-ballet. N'oublions pas non plus qu'afin de faire pénétrer l'affirmation jusque dans mes strates les plus profondes, j'ai procédé à un retour aux origines marqué par l'emploi de sons légèrement plus synthétiques que d'habitude, de la présence de batteries et d'une guitare basse ainsi que de choeurs, sans oublier les nombreuses reprises de titres de l'époque Griffes de Khazdur. Ce retour est surtout prononcé en fin d'album, comme pour fermer le cercle de l'Éternel Retour, de cette forme d'affirmation la plus pure. Enfin, le point le plus important : le travail très abouti de Maya de Luna en mélismes onctueux sur cinq titres - le fabuleux exploit de chanter sur l'inchantable mais coqueriquable ayant ainsi été accompli - et la présence d'Anaëlle, magnifique soprano souhaitant ne pas dévoiler son nom complet, inconnue au bataillon du Libre, sur deux titres.
Notons au passage que je m'y suis hélas pris à la dernière minute pour les enregistrements d'Anaëlle et qu'à cause d'un problème imprévu de minijack, les enregistrements se sont révélés trop crasseux pour que je sois capable de retirer tout le souffle, les saturations, les "peuh" et autres crachouilleries malvenues. Cela est bien dommage car Anaëlle chantait merveilleusement bien ce soir là (hier soir) et qu'à cause de ces problèmes techniques, le Purcell est devenu un véritable désastre.
En outre, Le chant d'ivresse est la première publication effectuée après mon divorce avec le Consortium des Artistes Libres - toutefois, il m'a toujours été difficile de travailler avec une communauté même libriste, je pense par exemple à mes déboires avec Revolution Sound Records. Pour ce qui est de la suite, ayant les mains totalement libres, je compte travailler sur un nouveau projet - peut-être plus radical que les précédents, tous plus coquefredouilles et niquedouilles, bref tous plus infantilisants les uns que les autres - dès le mois de juillet ; mais en attendant, je me permets de fainéanter pendant trois mois, ne vous en déplaise.
En vous souhaitant une agréable écoute,
Affectuoso,
-
Raphaël.
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vendredi, 16 mars 2007
Le chant d'ivresse
Il est temps d'annoncer la sortie de mon futur opus : le chant d'ivresse.
Le chant d'ivresse - Playlist
01 - Ouverture - Ô homme prends garde (chanté par Maya de Luna)
02 - Intermizzo - Que dit minuit profond
03 - Hélas hélas le monde est profond![]()
04 - Et plus profond que ne le pensait le jour
05 - Intermizzo - Profonde est sa douleur (narré par Raphaël Badawi)
06 - La joie est plus profonde que la peine
07 - La douleur dit : passe et finis (chanté par Maya de Luna)
08 - Intermizzo - Car toute joie veut l'éternité
09 - Finale - Veut la plus profonde éternité
10 - Ophelia Theme (chanté par Maya de Luna)
11 - Ophelia Theme 2 (chanté par Maya de Luna)
12 - Postlude - Eh bien ! Que cela soit encore !
Sortie prévue pour la premier avril sur Jamendo.
Pas de commentaires sur le fait que la symphonie n°4 a été composée en dix jours alors que ce mini-ballet de vingt-cinq minutes a nécessité six semaines de légers efforts sporadiques - mon oisiveté me perdra - du trois février au quinze mars.
Les pièces sont laconiques, tout comme l'écriture de Nietzsche, mais très denses, le tout s'inscrivant dans un processus d'affirmation que je vais détailler plus loin. Dans tous les cas, la concision des pistes est dans la continuité des précédents opus. L'ensemble est également fort redondant par souci de cohésion - cependant, le côté digressif est plus présent que jamais.
Douze pistes car le Chant d'ivresse du Zarathoustra fait douze paragraphes. Les noms des pistes sont tirés du condensé des onze premiers paragraphes qu'est le douzième paragraphe du discours :
Avez-vous maintenant appris mon chant ? Avez-vous deviné ce qu'il veut dire ? Eh bien ! Allons ! Hommes supérieurs, chantez mon chant, chantez à la ronde !
Chantez maintenant vous-mêmes le chant, dont le nom est "encore une fois", dont le sens est "dans toute éternité" ! — chantez, ô hommes supérieurs, chantez à la ronde le chant de Zarathoustra !
O homme ! Prends garde !
Que dit minuit profond ?
J'ai dormi, j'ai dormi, —
D'un profond sommeil je me suis éveillé : —
Le monde est profond,
et plus profond que ne pensait le jour
Profonde est sa douleur, —
La joie plus profonde que la peine.
La douleur dit : passe et finis !
Mais toute joie veut l'éternité,
— veut la profonde éternité !
Les deux Ophelia Theme (reprenant respectivement les thèmes de l'ouverture et du second mouvement de la quatrième symphonie dans des formes épurées pour le chant) font donc ici office non pas de succédanés ou d'obturations, mais de réels pivots sans lesquels le reste n'a aucun intérêt. Comme je l'ai dit plus haut, ce ballet est avant tout un processus d'affirmation - n'en déplaise à Sri Aurobindo - tourné vers le jivatman et non vers le paramatman - n'en déplaise à Ramakrisha.
L'Éternel Retour nietzschéen, qui consiste à dire "que cela soit encore" afin d'obtenir la plus pure forme d'affirmation de l'instant, voit sa plus belle expression dans ce Chant d'ivresse. Le fait est ici très simple : transcender l'instant par la joie, la joie du "oui sacré" de l'enfant. Une acceptation sans résignation, avec résilience, impavide, le menton bien levé - exactement ce que Krishna souffle au creux de l'oreille d'Arjuna dans la Bhagavad Gîtâ. En bref, c'est seulement après les sombres instants d'Ophelia que la sentence libératrice "que cela soit encore" est prononcée : l'instant est enfin affirmé, transmuté - ce terme spagyrique m'émerveillera toujours par sa perfection d'expression du dionysisme - en - ivresse.
Dans une optique de donner suite à mes lantiponnaisons, de les éterniser sous une forme cauteleuse particulièrement insidieuse, - mais ne vous inquiétez pas, je ne prorogerai pas le chant d'ivresse, - je vous laisse un artefact à effet fortement dilatoire : une improvisation autour des grands thèmes de ce futur album.
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